Le narcisse, plante emblématique du Parc, a fait l’objet d’une prospection générale étalée sur 2016 et 2017. 1855 ha de prairies à narcisses ont été cartographiées par catégorie d’abondance, principalement dans l’Intyamon, au Pays-d’Enhaut et à Montreux. Les données issues de l’inventaire ont été analysées afin de mieux comprendre la répartition de cette espèce dans le Parc et de proposer des mesures visant sa conservation (rapport téléchargeable à la fin de l'article). Pour celles et ceux qui désirent observer cette fleur de mai dans la nature, le Parc, avec la Société d’intérêt des Avants, l’association Narcisses Riviera, la commune de Montreux et Montreux Vevey Tourisme, propose le sentier des narcisses aux Avants.

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Cartographie
Grace notamment à la participation de 28 bénévoles, le Parc a pu réaliser un inventaire complet des prairies à narcisses sur son territoire. Au total, 1’855 ha de prairies à narcisses qui ont été cartographiées selon 5 classes d’abondance. C’est dans l’Intyamon que ces prairies sont les plus nombreuses. En tenant compte de la surface de la région, celle des Rochers de Naye est très proche de l’Intyamon pour les prairies avec une présence abondante de narcisses. La Jogne qui ne possède qu’a peine 1% des prairies inventoriées tend à indiquer que cette région se trouve en marge de la répartition du narcisse.

Sur la commune de Rougemont, une zone a été prospectée spécialement pour les jonquilles, qui ont une période de floraison plus précoce que les narcisses. Dans cette zone, les narcisses sont en limite de répartition et des jonquilles sont présentes. Au total, ce sont 10.3 ha de prairies à jonquilles qui ont été inventoriés, principalement avec une faible densité de jonquilles.

Distribution
A l’aide d’un système d’information géographique, la distribution des narcisses le long d’un gradient altitudinal et la comparaison entre surface agricole utile et zone d’estivage ont été étudiées. De fortes variations entre les régions ont pu être observées. Dans l’Intyamon les prairies à narcisses se retrouvent principalement entre 1200 et 1800 m,  en zone d’estivage, sur les deux versants de la vallée de la Sarine, comme l’attestent les secteurs emblématiques de la Dent de Lys ou de la Dent du Bourgo. Au Pays-d’Enhaut les plus grandes surfaces de prairies à narcisses sont situées au-delà de 1500 m, en particulier dans les prairies de fauche d’altitude comme les Mérils. De manière générale les prairies à narcisses ne se trouvent plus qu’à l’état de reliques dans les alentours des fermes et des villages, à l’exception de la Riviera. Dans cette région du parc les prairies à narcisses se concentrent sur la commune de Montreux, au nord de la Veraye, elles se situent majoritairement en dessous de 1200m aux avec une différence moins marquée entre la surface agricole et la zone d’estivage que dans le reste du parc.

Recoupement avec les mesures de conservation
La diminution drastique des prairies à narcisses depuis une cinquantaine d’années est un constat connu de tous, mais force est de constater qu’il n’a jamais été documenté. Cette diminution n’est certainement pas, ou très peu, liée à l’activité d’intense cueillette qui a caractérisé cette plante dans nos régions de la belle époque aux années 1970. La disparition du narcisse s’explique par la modification des pratiques agricoles (en particulier l’intensification de l’exploitations des prairies naturelles, avec une première utilisation toujours plus précoce), mais aussi l’urbanisation et le recul des surfaces agricoles, laissant place au retour de la forêt.

Des mesures visant la conservation du narcisse existent déjà. Cet inventaire permettra notamment aux agricultrices et agriculteurs d’annoncer la mesure paysagère « prairies à narcisses et à jonquilles » créée dans le cadre des projets de qualité paysagère de l’agriculture en 2014. Cette mesure, dédommagée via le versement de paiements directs, retarde l’utilisation de la parcelle afin de laisser suffisamment de temps à la plante pour stocker de l’énergie. En 2017, 121 mesures qui se recoupaient avec l’inventaire du Parc étaient déjà annoncées.

Les agricultrices et agriculteurs doivent inscrire une partie de leur surface agricole utile (SAU) en surfaces de promotion de la biodiversité (SPB). Dans les zones de montagne il s’agit de surfaces herbagères, dont l’utilisation est retardée et qui sont peu ou pas fumées. Dans l’Intyamon, les SPB représentent 17,5% de la SAU, or environ 50% des prairies à narcisses inventoriée en SAU se retrouvent dans une SPB. Dans la région du Pays-d’Enhaut, au sein de ces SPB, les prairies à narcisses se retrouvent fréquemment dans des prairies qui sont légèrement fumées. 

PARC mention Infra Def1 QUADRI meo20170314 73431

Prairies à narcisses et infrastructure écologique
La réalisation de l’inventaire a été intégrée au projet d’infrastructure écologique. L’analyse de cette dernière a mis en avant les zones présentant une richesse écologique élevée et comment les connecter entre elles. Environ 80% des prairies inventoriées se retrouvent dans les zones de haute valeur ou de connexion. Des mesures de conservation du narcisse permettraient donc également de renforcer la qualité de cette infrastructure écologique.

Comparaison des inventaires sur la commune de Montreux
Un inventaire sur la commune de Montreux utilisant la même méthode de cartographie avait été réalisé en 1998. Ces données comparées à celles de l’inventaire de 2016-2017 montrent une tendance à une forte diminution des prairies à narcisses avec une abondance éparse à moyenne. Il faut noter également que certaines prairies inventoriées en 2016-2017 n'avaient pas été observées en 1998. Suite à l’inventaire de 1998, des conventions visant la conservation du narcisse avaient été mises en place par la commune de Montreux. Les résultats indiquent que malgré ces conventions, les narcisses tendent à diminuer, mais ils ne permettent pas de savoir si cette diminution a été ralentie par ces contrats communaux, dont les premiers datent de 2009.

Suite du projet
Les différentes analyses tendent à indiquer que le narcisse se plait dans des prairies dont l’utilisation est retardée et qui sont légèrement fumées. Des discussions visant à retracer l’historique des parcelles sous contrat de gestion avec la commune de Montreux seront menées avec les exploitantes et exploitants afin d’essayer de comprendre les causes de la diminution de l’espèce. Par ailleurs le Parc souhaite encourager un essai de conservation de prairies à narcisses présentes malgré le boisement des parcelles, en collaboration avec les forestiers de Montreux.

Le rapport complet avec des cartes de répartition

 

 

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